le 26/06/2009

RIO sans LOCAUX

Convaincus de l’intérêt d’organiser une manifestation majeure sur le thème du Maghreb, bon nombre d’artistes, d’acteurs culturels et associatifs souhaitaient participer à Rio Loco cette année, en proposant des projets qui valorisent à la fois les cultures des différents pays et aussi celles des populations issues de l’immigration fortement représentées sur notre territoire.

C’était l’occasion idéale de rassembler le plus grand nombre pour valoriser la diversité culturelle à partir de différentes formes d’expressions ; de proposer des espaces de débats, d’échanges et de rencontres autour de l’Histoire et des histoires, de la mémoire et des mémoires... bref, d’offrir des lieux d’expression dans l’espace public et ainsi tisser des liens forts avec les quartiers et les citoyens.

Émanation des pratiques culturelles d’un système révolu, fondé sur le clientélisme, l’opacité budgétaire et l’effet de vitrine, Rio Loco, tel qu’il est conçu et organisé aujourd’hui est loin de traduire la volonté actuelle de faire de la culture un outil de dialogue, une passerelle entre les différents territoires et populations de la ville.

Cette année plus particulièrement, Rio Loco nous présente un échantillon des pays du Maghreb et leurs populations comme une carte postale, touristique ou folklorique, niant ainsi l’histoire de ces pays et celle qui les lie à la France. La diversité culturelle ainsi que l’expression des artistes locaux sont maintenues dans leur marginalité habituelle.

Rio Loco annonce sur sa communication qu’il « fait reculer les frontières entre les peuples ». Nous avons le regret de répondre qu’il « renforce la fracture territoriale entre Toulouse-centre et ses quartiers. »

Ces choix arbitraires ne peuvent être perçus comme un oubli. Notre perception du Maghreb et de la réalité locale ne se réduit pas à une programmation d’artistes si brillants soient-ils. Nous refusons de cautionner la gestion d’un tel événement qui ne semble pas servir l’intérêt général.

Dans la continuité des orientations de la nouvelle équipe municipale, nous voulons un festival d’ouverture, de proximité, de liberté et de curiosité, ouvert sur les cultures locales et le monde : l’occasion d’un vrai moment d’échange et de convivialité rayonnant sur tous les territoires.

Premiers signataires :

Dell’Arte – Esma – Le Bijou – Tactikollectif – Music’Halle – Cap Jeunes 31 – Centre d’Arts Urbains - Couac - ... (voir tous les signataires en suivant le lien)